4 avril 2019 Jean-Luc Doumont

Le modèle harmocratique comme sujet d’étude à l’UQAC

Des étudiants en ingénierie de projets à l’UQAC ont décidé de prendre comme sujet d’étude l’entreprise DEVICOM afin d’analyser et mieux comprendre l’harmocratie. Soucieux de développer leurs compétences en tant que futurs dirigeants d’entreprises, les étudiants ont pu constater les valeurs de l’entreprise, vectrices d’intelligence collective.

Bien que ce mode gestion interpelle plusieurs intervenants dans le milieu socio-économique à travers le Québec, France Lavoie a mis la table dès le début de la rencontre en mentionnant que l’harmocratie s’ajuste avec les comportements : « Avec les diverses expériences vécues par nos collaborateurs, l’harmocratie c’est une expérimentation dont les objectifs sont le bonheur au travail, diminuer l’absentéisme et que la personne aime son travail. Notre entreprise est devenue un laboratoire d’exploration autour du management 4.0. Le plus destructeur dans une entreprise c’est l’ego. Il faut séparer le personnel du professionnel ».

Bien que la dirigeante d’entreprise se soit dite jamais heureuse dans une hiérarchie, elle considère que pour une entreprise qui passe du mode Taylorisme (1.0) à celui d’harmocratie (4.0), cela passe par de la maturité au sein de son organisation : « Il ne faut pas avoir peur du jugement, il faut oser pour pouvoir collaborer d’une façon collective. Pour réussir une entreprise libérée auto-gouvernée, c’est de l’intuition et la confiance, pour ma part, la théorie est secondaire », a-t-elle commenté.

Source d’inspiration

Pour Valentin Ansart, Tenenui Rouby et Orann Weber, le choix de DEVICOM pour leur sujet de cours s’est imposé par lui-même : « Tout s’est passé en deux phases. Nous connaissons un employé de l’entreprise et ensuite lorsque nous nous sommes renseignés, nous avons constaté qu’il y avait ce mode de fonctionnement particulier qui nous permettait de mieux comprendre comment cela fonctionnait concrètement. Allez rencontrer une entreprise qui a comme mode de direction la hiérarchie devenait moins intéressante, bien que nous aurions appris des choses », a commenté Valentin Ansart.

Le but des étudiants est de produire un rapport d’organisation fonctionnelle en réalisant des entrevues individuelles avec les employés au sein de l’entreprise. Plusieurs questions ont été posées et les réponses ont été authentiques à la grande surprise des intervenants. « Ce qui nous a marqués c’est le côté convivial. On ressent que les employés sont plus que des collègues et forment quelque part une famille avec beaucoup de respect entre eux. Nous avons l’impression que lorsqu’ils viennent travailler, c’est pour être heureux et pas avec le sentiment d’avoir la peur de se faire enguirlander. Le côté authentique est très ressenti dans une entreprise comme celle-ci. Je m’attendais dans les entrevues individuelles que les questions qui me semblaient un peu difficiles, par exemple le ressentiment face à l’entreprise, ont toutes été répondues avec authenticité ce qui est plutôt rare au sein d’une organisation », a souligné Orann Weber.

Au terme de l’entrevue, les trois étudiants et ce, bien qu’ils souhaitent essayer le management hiérarchique, ils ont été unanimes qu’une entreprise libérée et auto-gouvernée est une source d’inspiration lorsque viendra le temps de choisir un emploi. « Pour ma part, et ce, après plusieurs stages au sein de diverses entreprises, je souhaite me diriger vers des modèles où l’harmocratie est présente ou alors le côté coopératif. Ce qui est clair, c’est qu’une entreprise de type classique, ce n’est pas possible pour moi », a conclu Orann Weber.

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